Triskell2 ne répond pas aux besoins


Devant la levée de protestations lors de la réunion publique de Keryado de mars, la ville a tenté de convaincre  les personnes identifiées comme hostiles au projet du TRISKELL2; une dizaine de personnes et commerçants de la rue de Belgique et moi même. Cette réunion s’est déroulée en mairie, le 2 avril dernier. Les services de CAP L’orient, de la mairie, d’EGIS la société mandaté, étaient présents.

  Pour nous convaincre du bien fondé de l’opération, les 3 élus M METAIRIE, LE LAMER, GOYET ont  beaucoup ramé.  Leur argumentation s’est appuyée sur  un tissu de généralités :  Transports doux – piétons – cyclistes, circulation apaisée – ralentissement de la circulation des automobiles – augmentation de la vitesse des bus … M LE LAMER parle toujours d’une immense nappe d’automobiles qui recouvrirait Lorient tout en se targuant du fait que c’est la seule grande ville du département où le stationnement est gratuit. Je ne pense pas que le TRISKEL2 viendra remédier à cette incohérence.

CAP L’ORIENT a mandaté le bureau d’études EGIS pour ce projet envisagé depuis  2007. C’est seulement aujourd’hui que l’on commence à compter les voitures, le nombre de passagers dans les bus, leur point de départ, leur point d’arrivée. C’est à dire que la ville à lancé un projet à la mode, dans l’air du temps, et seulement après, cherche à justifier, si cela correspondra au besoins de Lorient et de ses habitants.

Que dit EGIS: « 13000 voitures circulent rue de Belgique, chaque jour. Que la majorité des utilisateurs du bus sont des lorientais intra-muros. L’axe Keryado centre ville  représente 20% des déplacements. Les utilisateurs de ces bus, partent majoritairement de Keryado pour se rendre au centre selon les graphes d’EGIS. On peut se demander dans ces conditions, s’il est nécessaire de trimbaler TRISKELL, dans les champs de colza, en direction de Quéven.

Un service de bus suffisant et adapté pour les 10 ans à venir

Monsieur GOYET vice président de CAP L’ORIENT a précisé : « les utilisateurs de la CTRL sont les moins de 18 ans, les personnes âgées sans voiture, ou qui ne peuvent plus conduire, les 7000 personnes en difficultés financières, chômeurs, RMIstes, RSA, qui bénéficient d’un tarif réduit ou de la gratuité ».

Ce constat nous montre que le TRISKELL n’a aucun impact, aucun effet mesurable sur la circulation automobile, sur le nombre de voitures circulant et qu’il n’y a pas de translation des automobilistes vers les transports en commun. La population active ne prend pas les TRISKELL pour aller de son habitation à son lieu de travail. L’éclatement des entreprises et des emplois de l’agglomération sur de nombreuses zones artisanales, l’éclatement de l’habitat individuel, 15 kilomètres autour de Lorient depuis un quart de siècle, en sont les raisons.

27 millions d’euros de déficits annuels avoués

Dernier point, aux yeux des observations des riverains, les quatre lignes qui passent rue de Belgique  sont loin d’être saturées. Les nombreux témoignages montrent que depuis longtemps, en dehors des heures de pointe, 8 h 8 h 30, 17 h 18 h, un bus articulé est souvent suivi de deux bus vides. Si le transport en commun répond partiellement à des besoins immédiats, le TRISKELL2 répondra si peu aux besoins  futurs, qu’il est d’ores et déjà prévu par la CTRL un déficit annuel de 27 millions d’euros, par manque de candidats voyageurs.

   M METAIRIE a prévu d’instaurer une taxe payée par les employeurs. Pour que cette taxe puisse être instaurée par CAP L’ORIENT et approuvée par le gouvernement, la condition nécessaire est que le TRISKEL soit en site propre.

Pour remplacer des lignes de bus qui fonctionnent et qui ne sont pas saturées (il faudrait sans doute en revoir le cadencement), pour un projet coûteux, de circonstance,  M METAIRIE prend avec TRISKELL2 le risque de modifier les équilibres, vie, commerce, mixité, et d’aller à l’encontre des souhaits de ses administrés.

 

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